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10 août 2005

Des mots sans maux

Je pourrais vous raconter cet inconnu, qui après une heure de conversation ne s’enquit pas de mon nom mais de mon parfum. Il me dit joliment que je sentais délicieusement bon. Qu’il percevait un bouquet d’agrumes, soulevant par ces mots innocents des volutes de souvenirs dont j’aimerais adoucir l'arôme afin de l'oublier enfin.

Je pourrais vous persuader des multiples douceurs des étés lyonnais, des films, des concerts, des spectacles en plein air. Je m’en régale avec gourmandise depuis que je vis dans cette jolie ville. Des piques-nique d’avant film, des fous-rire sur couverture, de l’herbe sèche qui pique les jambes, des cafés d’après séances, des départs impromptus.

Je pourrais vous narrer cet objet dont je me sers tant, celui dont je ne saurais me passer, il accompagne mes jours, raccourcit mes nuits, s'accroche parfois à tous mes pas, me rassure, me rapproche, me fâche ou me réjouis, me snobe ou me suis.

Je pourrais vous murmurer les changements qui s’opèrent ces derniers mois, des murs qui se fissurent, des pensées qui se rompent, des mots qui passent, qui ouvrent des voies à défaut des veines, qui ferment des blessures et façonnent enfin un chemin plus solide, plus serein.

Je pourrais vous compter les multiples joies du vélo sur la route du boulot. Des bonheurs simples éprouvés chaque été, lorsque le soleil souffle ses caresses dorées sur mes épaules. Lorsque le vent oublie de siffloter, qu’il fait doux et chaud, que la lumière joue à cache-cache sur les quais et que mes gambettes pédalent librement, sans entrave.

Mais ces derniers jours, les mots pour dire, pour décrire, ces mots me fuient, s’enfuient. Ils sont retors, ils s’affolent, ils s’envolent. Refusant de se plier au jeu du clavier, de se coucher sur le papier, il me faut les caresser, les cajoler pour qu’enfin, à force de verbeuses négociations, ils me laissent phraser ce petit récit sans réels soucis.

Commentaires

Aaah je me sens comme un alcoolique qui vient de céder à la tentation devant un single malt. Soulagé. Quel bonheur de te lire. Pour quelqu'un que les mots fuient tu écris très bien !

Ecrit par : TheLifeOfBrian | 10 août 2005

TheLifeOfBrian,
Il faut croire que j'ai réussi à les enivrer suffisament pendant un moment pour qu'ils se laissent aller à raconter cette histoire...

Allez un petit bushmills 15 ans d'age, doux et velouté, à ta santé :-)

Ecrit par : Kouignaman | 10 août 2005

Toi tu sais ce qui est bon !

Ecrit par : TheLifeOfBrian | 10 août 2005

TheLifeOfBrian,
Oui ce qui est dommage c'est que c'est rarement aussi bon pour mon porte-monnaie ;-)

Ecrit par : Kouig | 10 août 2005

Tu dois bien savoir cajoler, caresser pour qu'ils se posent si joliment sur ton clavier, les mots.

Ecrit par : yaelz | 10 août 2005

Je voulais faire une note différente mais la nature des commentaires précédents m'oblige à virer de bord.

Ce sera une Chimay Bleue pour moi.. Elle prends le frais en attendant ce soir :)

Ecrit par : kowalsky | 10 août 2005

Yael,
Merci
Tactile un jour, toujours, je suis maître ES caresse ;-)

kowalsky,
une bière de trapiste... je ne suis pas sûre d'être assez sage !
Mais bon ne te laisse pas influencer, tu voulais dire quoi avant ?

Ecrit par : Kouig | 10 août 2005

c'est joliement négocié
ils sont là tes mots ... chantant

j'adore ton artisanat dans la colline ou au bord de la rivière vu chez leblase

et je sais dèjà ton nom

Ecrit par : laseine | 11 août 2005

ce qui me fait toujours sourire, c'est de savoir que les meilleures bières sont produites par des hommes de foi, sans doute pour causer directement au bon dieu, sans passer par la prière.

et puis la Chimay possède un bon tirage que certainnes bières "soit disant fortes" vendues en canette n'arriveront jamais à égaler! ;)

en plus de cela, il faut reconnaitre que je ne suis pas un grand amateur de whiskey.

quand à ma note originelle, j'ai eu le temps de l'oublier un peu depuis ;) donc elle va tomber un peu à plat mais en substance elle disait ceci:

" l'abus de limonade n'est pas nocif pour la santé... "

quand à la remarque que j'avais à faire concernant l'objet qui te tiens compagnie, la décence, même dans mon étât avancé, m'interdit de l'écrire ici.

par contre, je crois bien que je vais continuer de réduire mon stock de Chimay, il fait bon ce soir, la musique est douce et la nostalgie profonde.

fais de beaux rêves, et ne t'inquiète pas pour moi, je dormirai du sommeil du juste ce soir :)

Ecrit par : kowalsky | 11 août 2005

C'est compliqué ces périodes où tout nous échappe, où on frôle les choses du bout des doigts pour les sentir s'effriter.

L'essentiel est de savoir que tu vas bien, ou pas si mal.

Tiens, un spectacle en plein air, ça me donne envie.

Ecrit par : Anne | 11 août 2005

Laseine,
Ravie de te voir ici et enchantée par ces mots
Mon artisanat est au milieu d'une rocaille de romarin
Tu sais mon nom ? Il suffit j'imagine d'un peu de déduction ?
Mais connais-tu celui de mon parfum ? ;-)

Kowalsky,
Très interessante ta théorie de communication directe :-))
"soit disant forte" la délicatesse et le parfum sont autrement plus interessants que le degré d'alcool, j'avoue aimer une bonne bière fraîche un soir d'été mais ma préférence reste le whiskey, surtout l'irlandais.
Pour l'objet, j'ai bien pensé que l'un de vous aurait cette idée, mais ce n'est pas à celui là que je faisais référence...
Vu l'heure avancée du commentaire, j'espère que c'est un lendemain qui chante...

Anne,
C'est une évolution lente mais dans le bon sens, je vais mieux, je vais bien
merci :-)

Ecrit par : Kouig | 11 août 2005

Ben c'est un nounours l'objet. Bande de cochons !

Ecrit par : TheLifeOfBrian | 11 août 2005

TheLifeOfBrian,
C'est pas ça non plus, mais c'est tout mignon :-)

Ecrit par : Kouig | 11 août 2005

Ah Yaël a dégainé plus vite que moi. Mais je la seconde. Comme quoi tout ne vient pas à point à qui sait attendre, tout vient à point à qui sait sj'y prendre ...

Ecrit par : Durell N. Moriarty | 11 août 2005

Quand on aime les mots, ils vous le rendent bien. La preuve en est sur ce blog.

Ecrit par : Fred de Mai | 11 août 2005

Bah c'est la complexité qui fait le charme. Une femme c'est comme une Cathédrale, il y a des coins et des recoins, de l'ombre et de la lumière. Il faut des siècles pour prétendre en fair le tour.

Ecrit par : TheLifeOfBrian | 11 août 2005

Fred de Mai,
Bienvenu et merci, c'est gentil

TheLifeOfBrian,
Je ne croyais pas être aussi imposante qu'une cathédrale... d'ailleurs chez moi il y a plus de courbes que de coins...
Mais si je pouvais être l'objet d'une telle adoration (réciproque), j'en serais ravie ;-)

Ecrit par : Kouignaman | 11 août 2005

Perso, je trouves que manie les mots avec brio.
J'aimerai bien être capable d'utiliser les mots comme tu le fais pour te soulager de tes maux.
Bisous

Ecrit par : Basilic | 11 août 2005

Basilic,
Merci, mes maux, tu les as soulagé bien souvent en m'écoutant, en te soulant, non pas au whiskey* mais de mes malheurs !

*je suis sûre que tu aurais préféré ;-)

Ecrit par : Kouig | 11 août 2005

Pour l'objet qui "raccourcit les nuits", la même idée que Kowalsky m'avait bien effleurée (mais très furtivement Kouig, promis !), mais je pencherais plus pour... un téléphone !!

Au fait, qu'est-ce qu'on gagne au quizz de l'été de Kouig ? ;-))

Ecrit par : telline | 12 août 2005

Moi je sais mais je ne le dirai pas, même sous la torture

Ecrit par : kez | 12 août 2005

Telline,
Tu as trouvé, c'est vrai que l'autre idée était bonne mais je me sers tout de même beaucoup plus du téléphone !!! Je suis totalement irrécupérable !
Merci à FREE pour avoir considérablement fait diminuer mes notes de téléphone, mais franchement ils ne pourraient pas couper toutes les 4 heures plutôt que toutes les deux heures ?
Parce que 2 heures c'est super court... et comme chacun sait plus c'est long plus c'est bon...
;-)
Telline, qu'as-tu gagné ?
Hummm, le droit de me lire encore et toujours...
Qu'est-ce que tu as de la chance :-)

Grande Soeurette,
Nannnnn ???? c'est vrai que t'avais trouvé, je me demande bien comment...
Tu sais quoi ? tu vas arriver sous le soleil :-)

Ecrit par : Kouig | 12 août 2005

Je tiens à te rassurer : même quand tu n'as pas d'inspiration tu écris vraiment très bien.

Ecrit par : Life's Short | 12 août 2005

Alors là, je ne peux pas mieux dire que Life's Short, Je suis entièrement d'accord avec lui; même quand tu écris vraiment très bien, tu n'as pas d'inspiration. :-D

Je me sauve chez les ibères avant que tu me frappes. Je part à la recherche d'un iconoclaste notoire. Je voulais juste venir t'embêter au milieu de la nuit pour te faire une bise et te la souhaiter bonne. Comment t'es pas encore rentrée ? Mais c'est quoi cette vie ?

Je sors.

Ecrit par : Durell N. Moriarty | 13 août 2005

Oui, tes mots s'envolent.
Mais c'est vers nous qu'ils s'envolent , tant tu trouves le ton juste qui fait qu'alors que nous ne pouvions jusqu'ici qu'imaginer tes gambettes moulinant le long des rues (j'évite le mot "artère" pour épargner les miennes!) de Lyon, voilà que tu nous prends avec toi dans tes périples.

Et si cet objet que tu prends toujours avec toi, c'était nous?

Ecrit par : leblase | 14 août 2005

Life's Short,
Merci je prends ça pour un compliment ;-)

DNM,
Reste donc un moment sur la péninsule, l'ibère y est plus douce...
Ne t'inquiète pas pour mes nuits, qui sont belles mais bien des fois plus calmes que les tiennes...
Malheureusement !

Leblase,
Merci.
Tu as raison, vous faîtes maintenant tous parti intégrante de mon quotidien, vous voyagez sur mon vélo, dans mes pensées. Interpellée par une lecture, une rencontre, une image, une musique je pense à une note, un billet, un commentaire et à la personne dont il émane.
C'est moins prosaïque qu'un téléphone ;-)

Ecrit par : Kouignaman | 15 août 2005

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