08 octobre 2006

Hommage à une femme : Anna Politkovskaya

Samedi vers 18:00, j’ai entendu qu’Anna Politkovskaïa avait été assassinée dans le hall de son immeuble à Moscou. Bien que n'ayant jamais rencontrée cette journaliste russe, j'ai sentie des larmes de frustration couler sur mes joues. Je l'avais entendue sur Radio France, je l'avais lue. J’admirais sa droiture et son immense courage. Dans les piles d’ouvrages parsemant mon appartement, son livre : Tchétchénie, le déshonneur russe. Un livre dur, qui a bougé plusieurs fois de piles avant que j'ai le courage de le lire.

 

Pour l’écrire, elle s’y était rendu une cinquantaine de fois, témoin de la vie quotidienne de ces tchètchènes à qui personne d’autre ne donnait de voix. Elle y fut arrêtée en 2001. Elle recevait régulièrement des menaces de viols, de morts, on tenta même de l'empoisonner. Elle décrit d'ailleurs très bien ses rapports avec l'armée à travers un échange de lettres publiées par journal interposé. Elle parle de cette impunité dont jouit l'armée, de la déshumanisation de ses soldats, de la propagande anti-Tchètchène qui sévit depuis plusieurs années. Taxée d'"ennemi du peuple" par le gouvernement, elle parle de l'incompréhension et de la haine de la plupart des Russes pour son travail.

 

Malgré ces tentatives d’intimidation, elle continuait à dénoncer depuis plusieurs années les atrocités commises par l’armée russe en Tchétchènie. Elle représentait, le courage et la volonté de lutter contre les mensonges d’état, l’hypocrisie et l'ignorance. Bien que plusieurs fois invitée à venir travailler en Occident où elle avait reçu plusieurs prix, elle tenait à sauver l’honneur de la Russie en continuant à dénoncer une guerre ignorée par les médias et les gouvernements occidentaux. Elle avait 48 ans et malgré les menaces de mort et les pressions diverses elle exerçait son métier de journaliste avec courage.

Je sais que je n’aurais jamais une telle bravoure.

 

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André Glucksman, dont elle était l'amie résume bien la situation :

"C’est un sale jour pour l’humanité, c’est un beau jour pour Poutine"

Sur un site Diploweb on peut lire une citation du livre que j'ai cité au dessus :

« Une balle dans la tête est le moyen le plus simple et le plus naturel de résoudre n’importe quel conflit, si simple soit-il. Endurcis par la guerre, nous haïssons plus souvent que nous aimons. La haine est notre prière. Nous serrons volontiers les poings et nous les desserrons difficilement. Et de nouveau, au lieu de humer l’air à pleins poumons, nous nous nourrissons du sang de nos compatriotes sans en être étonnés. N’est-ce pas cela une guerre civile ? » (p. 18)

Quelques mots : c'est ma façon de rendre hommage à cette femme dont j'admirais la force de conviction.

Pour ceux qui lisent l'anglais un article très interessant du Guardian retraçant sa vie et sa carrière

A Lyon, un rassemblement aura lieu Mardi 10 octobre :
A 18h devant l’Hôtel de ville place des Terreaux.

Si vous souhaitez manifester votre douleur et votre révolte devant ce crime, si vous pensez qu’il importe que cesse le silence officiel de notre pays face aux reculs de démocratie et aux crimes de guerre dans cette Russie si proche, venez vous joindre à nous pour notre rassemblement hebdomadaire qui prendra un aspect particulier ce mardi 10 octobre à 18 heures devant l’Hôtel de ville place des Terreaux. 

http://www.comite-tchetchenie.org/article.php3?id_article...
 

Un autre article du Figaro :
Politkovskaïa, l'honneur russe assassiné

 

03 juin 2006

Faîtes ce que je dis mais pas...

Dans la nouvelle campagne de lutte contre le changement climatique Mr Barroso, président de la Commission Européenne nous demande de faire des efforts pour le climat.

Sur le site officiel de la campagne il nous dit ceci :

«Cette campagne vient compléter et renforcer nos efforts politiques et législatifs en la matière. Elle montre combien nous sommes tous responsables du changement climatique et ce que chacun peut et doit faire pour juguler cette menace».

 

 

Agir pour l'Environnement, Réseau Action Climat France et T&E lui ont décerné la 3ème Palme d’Or du dérèglement climatique et le Prix Tuvalu, Président de la Commission européenne, Monsieur Barroso, lui-même, roulerait dans un 4x4 Volkswagen Touareg, véhicule consommant plus de 13 litres aux 100 km en zone urbaine, rejetant entre 265 et 346 grammes de CO2 au km parcouru, soit deux à trois fois plus que l’objectif affichée par la Commission européenne dans le cadre de l’accord volontaire (!) avec l'ACEA, accord stipulant qu'en 2008 les véhicules neufs mis sur le marché devront rejeter en moyenne 140 grammes de CO2 par km.

 

 

De qui se moque t'on ? La valeur de l'exemple est-elle totalement dépassée ? Comment accorder la moindre crédibilité à cette campagne lorsque son instigateur se révèle aussi hypocrite ? Comment peut-on être crédible et espérer convaincre les constructeurs de développer des véhicules moins polluant et moins consommateur ?

Comment après cela être surpris par le refus de l’Europe montré par une majorité de Français il y a un an, presque jour pour jour.

 

 

Je reconnais que la commission européenne apporte des avancés en terme d’écologie dans certains domaines, toutefois en tant que jeune femme participant de façon active à la vie démocratique locale, je suis choquée par ce qui m'apparaît comme un manque total de déontologie de la part du président de la commission européenne.

 

 

J'ai choisi de vivre assez proche de mon lieu de travail afin de m’y rendre en utilisant les modes dits « doux » ou les transports en commun. J'essaie dans mes choix de vie d'avoir le moins d’impact écologique possible. J'attends des politiques qui nous gouvernent qu'ils fassent de même et qu'ils adoptent un comportement responsable et cohérent par rapport à leur discours !

Alors en tant que citadine, exposée à la pollution, au bruit et à une multitude d'autre désagréements causés par les transports routiers, je m'interroge :
  • Quel véhicule utilisez vous quotidiennement ?
  • Utilisez vous les transports en commun lorsque cela vous est possible ?
  • Achetez vous de préférence des produits locaux ?
  • Comment et à quelle température chauffez vous votre logement ?

La pollution ce n’est pas juste les Autres,

c’est NOUS aussi ! 

 

  Conseils de lecture :

Les transports, premiers responsables des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES) Olivier Louchard - Coordinateur du RAC-F

Les nuisances environnementales de l'automobile, Rapport d'information n° 113 (2001-2002) de M. Serge LEPELTIER, fait au nom de la délégation du Sénat pour la planification, déposé le 4 décembre 2001  

Cleaner is Cheaper: Why European climate policy for cars is failing, and what can be done about it en pdf :

http://www.transportenvironment.org/docs/Publications/200...

 

 

25 avril 2006

L'effet de serre qui s'en sert ?

A la une de la presse ces dernières semaines : des centaines d’articles sur le CPE, la grippe aviaire, les rivalités entre futurs candidats aux élections présidentielles, les résultats des joueurs de ballon de Lyon mais alors que le prix du pétrole atteint des sommets, quasiment rien sur un rapport parlementaire sur l’effet de serre qui n’a pourtant pas la langue de bois…

Dès les premières pages, ce rapport annonce la couleur :

Si l'on n'est pas capable, à l'avenir, de faire bouger les lignes et de modifier radicalement nos modes de production et de consommation, d'inventer une économie sobre en carbone, on ira droit dans le mur. Le changement climatique porte en germe la menace de catastrophes majeures. Les scenarii pessimistes du Groupement d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC), qui correspondent à une ligne de laisser faire, montrent que les hausses de température pourraient atteindre près de 5°C d'ici la fin de ce siècle en France. Cela signifie qu'en 2056 nous connaîtrons des canicules à répétition de même ampleur que celle que l'on a connue en 2003. Or en 2056, mon petit-fils aura 50 ans. C'est donc demain.

Vous allez me dire, oh non je n'ai pas envie de lire des nouvelles catastrophiques ! Eh bien non ! Puisque l'objet est justement de tenter d'éviter la catastrophe par des séries de mesures dans divers domaines. Ce rapport n’a pourtant pas fait la une des journaux télévisés de TF1 ou de France 2. J’ai noté un court article dans Le Monde, un autre dans Libération, qui même s'ils ont le mérite d'exister, me semblent plus que léger pour rendre compte d'un rapport parlementaire dont les deux tomes (rapport + auditions) cumulent presque 800 pages.

Un rapport pourtant très riche et très lisible qui rassemble pour une fois plusieurs familles politiques et abonde en faits et idées dans les domaines du transport, du logement, de la « fiscalité verte », de l'urbanisme etc.. Le compte rendu des auditions donne la parole à des scientifiques/spécialistes de chaque domaine aussi bien qu’à des personnalité politiques en charge de ministères qu’on peut ainsi lire discourir de façon plus « réaliste » que lors d’interviews médiatisées…

Bref ce rapport facilement téléchargeable sur Internet tome 1 et tome 2 est débordant de faits que chaque concitoyen devraient connaître afin de prendre enfin conscience des enjeux environnementaux émanant de ses comportements journaliers, lui permettant ainsi de réagir en conséquence au quotidien…

Je rêve là vous croyez ? Oui sans doute mais bon il faut une part d’idéalisme !

Ce même rapport souligne qu’un important effort d'explication auprès du contribuable serait nécessaire pour accompagner la véritable révolution fiscale prônée par les parlementaires...
Au vu du peu de répercussion que ce rapport suscite dans les médias généralistes, ce n'est apparemment pas auprès dans la presse que les français vont apprendre grand chose à ce propos...

Kouigy

Kouignaman : Le Retour II

Comme quoi il ne faut jamais désespérer... Après des mois de silence, Kouig revient, sans doute un peu moins perso, mais toujours aussi écolo :-)

Merci à ceux qui sont passés de temps à autre, je ne leur ai pas toujours donné de nouvelles, j'avais besoin d'un break complet !

Je ne dis pas que je serai de nouveau assidue mais j'essaierai d'être un tantinet plus présente pour donner mon humble avis sur ce monde qui ne tourne pas toujours très rond !

C'est vrai que ce ne sera pas difficile d'écrire plus souvent sur ce blog... au vu de la régularité de ces dernières notes ;-)

 

 

24 octobre 2005

Quelques semaines sans nouvelles

Désolée de ne pas vous avoir fait signe. Merci pour tous les petits messages.
Plusieurs raisons sans connexion :

 

 Besoin de recul qui s'est imposé par rapport au blog qui absorbait trop de temps

 

Retour vers un boulot sans passion dont le volume et l'atmosphère deviennent de plus en plus pesant
Des questions quant à l'avenir qui se posent ponctuellement mais de plus en plus régulièrement

 

Vie associative : traditionnellement Septembre est lourd, réunionnite aiguë, forums et autre "joyeuseté" mais ce sont ces activités qui me donnent le sentiment d'utilité que je ne trouve pas dans mon travail quotidien. Important.

 

Enfin quelques heures ensoleillées dans la chaleur de bras retrouvés. Quelques bons dîners comme il savait si bien les préparer, quelques belles balades et surtout bien des remords enfin libérés. Mais une histoire d'amour d'occasion : vaine tentative de rapiéçage. Soulagement grâce à l'assurance d'avoir enfin essayé.
Pourquoi raccommoder quand on peut trouver du neuf ? Mon coté écolo ou coeur d'artichaut ? Ni l'un, ni l'autre... Plutôt une ultime tentative pour couper court aux regrets, parce que je ne parvenais à rien jeter. Parce qu'aux détours de ses phrases, aux hasards de ses mots, et malgré son absence, il laissait toujours un espoir, une fenêtre ouverte à un possible futur.

 

Malheureusement quelque soit la solidité du fil et le talent de la ravaudeuse, les reprisages ne sont jamais bien solides, les fils s'échappent de l'ouvrage. Alors que cet homme m'allait si bien, après le bonheur des retrouvailles, l'amour reprisé s'est très vite effiloché, redéchiré. Cet homme préfère se cloîtrer dans sa tour sans éclat, refermer sa porte sans ivoire. Il choisit de rester seul, à chérir une vie sans amour. Répétitions de scénarii sans la magie du départ. Résolution : faire enfin place au changement.

 

Je ne sais quelle couleur est tendance cet hiver, je n'ai pas payé attention, trop subjuguée que j'étais par le bleu de ses yeux. J'en ai bien essayé un autre mais sans conviction. Je n'ai pas suivi le mouvement, tous me semblaient étriqués, sans chaleur. Il est temps de libérer le placard, une sorte de grand ménage d'automne. Sortons les catalogues Meetic et Netclub, il paraît qu'ils regorgent de choix....

Qui sait un modèle me tentera peut-être ?

16 septembre 2005

Kouignaman en kayak

Ce soir, je devrais être au café théatre avec un ami et ma soeur mais plutôt que de m'y traîner d'un air grognon et endormi, j'étais tellement fatiguée que j'ai préféré les laisser y aller sans moi. Je suis exténuée, courbaturée mais d'une certaine façon, fière d'être allée au bout de ce stage de 5 jours de kayak de mer.

 

Suite à plusieurs frayeurs en rivière, moi qui doutais de jamais recommencer, j'ai tenu le coup, j'ai serré les dents. J'ai cru que j'allais parvenir à effacer quelques démons. J'ai cru qu'en retrouvant ma confiance en moi sur l'eau, j'aurais à nouveau le courage et l'envie de reprendre la descente en rivière mais je crois que j'ai échoué.

Oui, j'ai toujours aussi peur des eaux bouillonnantes, des rochers sur lesquels on peut, soit s'empaler, soit rester bloquée, d'une pagaye qui reste coincée sous l'eau et moi avec. Je revois cette minute qui semble avoir durée des heures, ces heures de tremblements qui suivirent qu'aucun mug de thé bouillant ne parvenait à enrailler.

 

Ces quelques jours dans les calanques ont donc été éprouvants et pourtant aussi rempli d'émerveillement face à la découverte d'une côte superbe avec la vision de l'autre bord. Une approche naturelle sans pollution sonore ou olfactive. Oui plusieurs bons et beaux moments malgré cette peur difficile à gérer. Des pique-niques dans des endroits paradisiaques seulement accessibles par bateau. Soleil, baignade et snorkling au rendez-vous... que demander de plus ?

 

Alors pourquoi un tel déferlement d'émotions ce soir ?

 

  • Déception face à une attente qui ne se concrétise pas ?
  • Peur retrospective face à ce vent de force 4 qui m'a presque paralysée ce matin ?
  • Epuisement physique et moral ?
  • En cette date anniversaire, je pleure aussi sans doute tous les rêves fracassés, éclos un 17 Septembre, ils se sont échoués lamentablement quelques temps plus tard.

 

Oui c'est sans doute un peu tout ça mon capitaine...

Le seul remède sous la main, quelques nuits de sommeil réparateur.

04 septembre 2005

Dessine moi un vélo en ville

Oyez, Oyez,
 braves joueurs de crayons,
photographes et artistes de tout bord

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Aujourd'hui j'en appelle à votre talent !

 

L'association La ville à vélo est en plein remaniement du manuel qu'elle distribue à ses adhérents, et comme vous pourrez le voir ICI Kouignaman pas n'est particulierement douée pour le dessin...

Le manuel est en noir et blanc, relié et il fait une cinquantaine de page. Les illustrations dont nous avons besoin sont variées, cela va du très petit format, au dessin plus élaboré. Les thèmes abordés dans le manuel sont divers :

  • l'équipement par tous les temps,
  • conduite en milieu urbain,
  • transport des courses,
  • conseils contre le vol,
  • Contacts en cas de problèmes sur la voie,
  • que faire en cas d'accident,
  • les aménagements cyclables etc...

Vos contributions qu'elles soient très sérieuses ou totalement déjantées seront grandement appréciées. Le nom de l'auteur sera bien sûr mentionné. Vous pouvez me les envoyer à kouignaman@laposte.net 
Merci d'avance !

 

J'ai depuis longtemps sur mon pc ce petit dessin que j'adore mais dont je ne connais pas l'origine si quelqu'un peut me renseigner. Merci

30 août 2005

"C'est remarquable une femme cultivée. Carrément jouissif"

Ces quelques mots reçus par mail m'ont fait réagir :

"Une femme cultivée" Merci. C'est un beau compliment, je l'accepte même si une part de moi-même a bien du mal à le croire. Tout dépend évidement à qui on se compare... Je me suis toujours considérée comme étant plutôt curieuse que cultivée. Je butine tous les sujets et j'utilise mes qualités d'ex-documentaliste pour combler les lacunes, mais je ne connais aucun domaine de façon précise.

Je suis issue d'un milieu rural, ouvrier/employé, modeste, où la culture était, et reste un luxe plutôt qu’une nécessité. Où une encyclopédie en plusieurs volume s'achetait à crédit au prix de grands sacrifices. Grâce à des parents adorables, j'ai eu la chance de faire des études mais il subsiste forcément des traces de ces origines. 

 

Célibataire, depuis 4 ans (intermittente, pas nonne ! ), et de surcroît sans enfant, j'ai plus de temps libre pour lire, écrire, aller voir des expos, m'investir dans une vie associative etc. J'avouerais d'ailleurs que le plus souvent j'ai l'impression d'utiliser ces moments bien peu productivement...

Du temps, j’en ai particulièrement plus que les femmes de mon age qui ont des enfants en bas age. Dans mon entourage où beaucoup de papas jouent un rôle actif, plusieurs de mes amies semblent pourtant assumer une charge de travaux domestiques plus conséquente que leurs conjoints...

 

"C'est remarquable une femme cultivée. Carrément jouissif"

Alors ce qui m'interpelle dans ce compliment, c'est la juxtaposition des mots : "remarquable chez une femme" qui de prime abord a pour moi un petit goût de "peu courant chez une femme"...

Là, mon féminisme naturel, et j'avoue mon manque de recul sur ces questions, charge illico le bazooka virtuel, et se place en position de tir...

La nouvelle Kouignaman, celle qui a 34 ans, celle qui tente la psychothérapie pour sortir de ses vieux schémas qui l’empêche d’avancer, celle qui tente de réfléchir avant de dégainer, celle qui laisse le bénéfice du doute et un droit de réponse, celle qui essaie de comprendre pourquoi elle part toujours au combat, pourquoi elle monte toujours sur ses grands chevaux, pourquoi elle se sent toujours opprimée etc...
Et bien maintenant plutôt que de dégainer, elle se demande si cette phrase exprimait cette limite en parlant des humains en général, ou juste des femmes...

Si cette phrase exprimait simplement en souriant que la stimulation intellectuelle était agréable et entraînait une stimulation d'ordre charnel suggeré par l'emploi du mot "jouissif" :-) Que vraiment je suis insupportable d'y voir autre chose qu'un  compliment...

 

Alors, jouissif une femme cultivée ?

Oui peut-être en temps que maîtresse, mais pour beaucoup d'hommes apparemment pas en temps que compagne... 

Car force est de constater qu'une femme cadre* sur 5 est célibataire. C'est totalement l'inverse pour les hommes, plus il est diplômé plus il est en couple, seulement 1 célibataire sur 10 chez les chefs d'entreprise... On peut en tirer bien des conclusions...

Je le reconnais, nœud au fond de la gorge en écrivant cela. Amertume, frustration ? Ou simple peur d'être toujours seule sans cette personne particulière avec laquelle partager idées, projets, tendresse et plus ces prochaines années ?

Je ne sais pas. Aujourd'hui pourtant j’accepte mieux de vivre seule et j'ai envie de le faire aussi sereinement que possible. Je préfère cela plutôt que de combler en mettant n’importe quel homme à cette place de ce compagnon de route avec lequel j'aimerais cheminer.

 

Alors je baisse les armes et je demande franchement :

Pensez-vous réellement que la plupart des femmes sont frivoles et/ou terre-à-terre ?

 

Parce que pour ma part, j'ai l'impression de rencontrer plus ou moins autant d'hommes que de femmes avec un niveau de culture au ras des pâquerettes. Pour caricaturer, des types qui ne s'intéressent qu'au football et/ou à la mécanique et des femmes dont l’œil ne s'illumine qu'en parlant de fringues et/ou des progrès du petit dernier.

Enfin, il me semble rencontrer un nombre égal d’hommes et de femmes cultivés, interessés par une multitude de sujets, ceux la essaient de s'ouvrir sur l'extérieur, ont envie de partager, de débattre, de construire un monde plus ouvert. Les blogs m'ont d'ailleurs permis de découvrir beaucoup d'hommes et de femmes comme ça.

L'écriture et les échanges développés grâce aux blogs m'apporte un équilibre, par des contacts hors du commun, hors des sentiers battus comme le dit si bien Fennelin que j'ai rencontré dimanche autour d'un film et d'une énorme coupe de sorbets ou encore Entropie, le sociopathe mangeur de pâtes au fromage :-)

Et puis tous ces mails, ces commentaires interposés, ces conseils de lecture, de musique, cette motivation intellectuelle qui provoque et titille ma paresse naturelle, ces heures de conversations échangées avec des hommes et des femmes qui se reconnaîtront sans que je les mentionne, dont l'auteur de la fameuse phrase.

Là, maintenant si vous êtes parvenus à lire mes nombreuses vrilles jusqu'au bout et à y trouver une certaine cohérence, je vous embrasse et vous remercie.

 

 

* Je pars du postulat qu'une femme ou un homme cadre a plus de chance d'avoir atteint un certain niveau de culture, ce n'est pas évidemment pas toujours le cas !

21 août 2005

Des photos qui disent des mots

Ce jeudi fut véritablement un jour de rencontre. Sortant tôt du bureau, je fis un long arrêt à la libraire "A plus d'un titre" 
Je butinais entre vallées et montagnes de livres, grimpant même à une échelle incertaine pour accéder à certains auteurs perchés dans les hauteurs. Des étagères entières de recueils de poésie, de livres sur tous les types d'arts, de courants alternatifs.

 

Bref une source de pages que vous ne trouverez pas dans certaines chaînes de magasins de bouquins sans âmes... Ici il y a toujours un humain libraire pour vous aider, auquel il est possible de poser une question et avec lequel il est même (!) possible de discuter pendant un moment car c'est aussi avant tout un lieu d'échange.

 

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J'aime ce capharnaüm, lorsque j'y rentre j'y passe des heures. Comme à l'habitude, je pars dans des digressions... alors que ce dont je voulais vous parler c'est du fait que je suis tombée sous le charme totalement décalé des photos de cet artiste Belge :
Pol Pierart  

 

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Il illustre un mariage savoureux entre les mots et les images. Il donne une vision parfois évidente mais déroutante du monde. J'aime son côté loufoque, ses jeux de mots et d'images tour à tour sombre et drôle. Son média d'expression : le noir&blanc en format carte postale.  

 

 

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D'une photo très simple, il peut dire beaucoup. Il utilise l'aphorisme comme d'autres utilisent les filtres colorés. Il manie le jeu de mots avec une dextérité qui me l'ont rendu tout simplement irrésistible !
Résultat, j'ai acheté les deux ouvrages suivants :

 

 

"Ça fait du bien d'ôter ses choses sûres", Editions Yellow Now, 2000.
Maintenant épuisé, toutefois la librairie Décitre semble en avoir au moins un exemplaire puisqu'elle propose de le vendre!

"Photos pour faire un monde", Editions Yellow Now, 2004
Dispo à la librairie "A plus d'un titre" et partout ailleurs.

Les photos sont scannées du livre "Ça fait du bien d'ôter ses choses sûres", qui est épuisé toutefois si l'artiste ou l'éditeur veulent que je les enlève, il suffit de me le demander.

20 août 2005

L'inconnu au parfum

Ce jeudi là, au détour d'une rue, j'ai revu l'inconnu du train. Celui qui à défaut de mon nom, s'était enquit de mon parfum. Alors que je dévalais la rue sur ma bicyclette, il la montait à pied, son sourire et petit signe de la tête, m'incitèrent à arrêter de suite mon carrosse à deux roues.


Ce jeune homme m'avait laissé le goût d'une conversation aussi piquante qu'intéressante. En réponse à la lecture de mon horoscope, je manifestais alors une impétueuse originalité (!) en lui proposant de partager un verre à mes cotés. Il eut la grâce d'accepter sans tergiverser.

 

Trouvant tout près un endroit ou poser nos postérieurs de façon confortable, nous échangeâmes des sons, des rires, des idées. Certaines aussi pétillantes que les bulles qui escaladaient les parois de nos verres. Le breuvage étant sans alcool, nul ne pourra m'accuser d'avoir voulu tromper ses sens ou son sang. La conversation dura quelques heures au terme desquelles nous finîmes par échanger nos prénoms et e-mails.

Personnage hors du commun. A revoir.

 

 

18 août 2005

Bélier à coeur ouvert

Mon Yahoo à moi, il est généreux. La preuve, tous les jours il m’offre mon horoscope. Aujourd’hui, voyez vous même il me dit :

 

Pourquoi ne pas prendre des initiatives pour provoquer une rencontre amoureuse, en fin d'après-midi, en rompant, un peu, avec la routine quotidienne, et en faisant preuve d'une certaine originalité?
N'hésitez pas à laisser libre cours à votre affectivité, et à ouvrir votre coeur.

 

Il en a de bonne lui : ouvrir mon cœur !

Il est encore tout vert de mes dernières rencontres !

 

Mais, je ferai preuve de bravoure ! Je veux bien essayer et lever le sceau rouge. Ecrivant ce billet en écoutant cette chanson de Miossec, je m'interroge? Est-ce vraiment approprié pour provoquer une atmosphère amoureuse… ou alors une désastreuse !

Allez comme je termine en début d’après-midi, j’aurai tout le temps qu’il faut pour me préparer. Ce qui me manque… c’est l’idée originale pour vaquer à cette rencontre l'air de rien !

 

Bref, je fais appelle à vous
AIDEZ un coeur de beurre à réaliser son destin…

16 août 2005

Matin des thés

Mardi 16 Août, je suis vêtue d’une petite robe à bretelle
Et pour la couvrir un gros gilet… qui rien n'y fait
Je grelotte, je frissonne, je me gèle les gambettes
Mais pour me réchauffer, il n’y a guère qu’un pot de thé !


11° à l'aube, température aigrelette, ciel plutôt dégagé toutefois agrémenté de quelques nuages gris. Il fait à nouveau sombre lors de mes départs précoces, adieu aurores printanières où le soleil cligne de l'oeil dès 6 heures.
Cette température fraîche, assaisonnée d'un petit vent du nord bien piquant, rendent mon trajet tellement moins guilleret qu'il ne l'est ordinairement en cette saison !


Si encore il pleuvait, cela diminuerait au moins la sécheresse, mais non !
Non, rien ne va plus ! Je proteste énergiquement... si seulement cela suffisait à me réchauffer !
Alors je m'interroge sur la possibilité d'un quelconque recours contre ces températures non estivales ?
Mais qui invoquer, qui révoquer, vous avez une idée ?

10 août 2005

Des mots sans maux

Je pourrais vous raconter cet inconnu, qui après une heure de conversation ne s’enquit pas de mon nom mais de mon parfum. Il me dit joliment que je sentais délicieusement bon. Qu’il percevait un bouquet d’agrumes, soulevant par ces mots innocents des volutes de souvenirs dont j’aimerais adoucir l'arôme afin de l'oublier enfin.

Je pourrais vous persuader des multiples douceurs des étés lyonnais, des films, des concerts, des spectacles en plein air. Je m’en régale avec gourmandise depuis que je vis dans cette jolie ville. Des piques-nique d’avant film, des fous-rire sur couverture, de l’herbe sèche qui pique les jambes, des cafés d’après séances, des départs impromptus.

Je pourrais vous narrer cet objet dont je me sers tant, celui dont je ne saurais me passer, il accompagne mes jours, raccourcit mes nuits, s'accroche parfois à tous mes pas, me rassure, me rapproche, me fâche ou me réjouis, me snobe ou me suis.

Je pourrais vous murmurer les changements qui s’opèrent ces derniers mois, des murs qui se fissurent, des pensées qui se rompent, des mots qui passent, qui ouvrent des voies à défaut des veines, qui ferment des blessures et façonnent enfin un chemin plus solide, plus serein.

Je pourrais vous compter les multiples joies du vélo sur la route du boulot. Des bonheurs simples éprouvés chaque été, lorsque le soleil souffle ses caresses dorées sur mes épaules. Lorsque le vent oublie de siffloter, qu’il fait doux et chaud, que la lumière joue à cache-cache sur les quais et que mes gambettes pédalent librement, sans entrave.

Mais ces derniers jours, les mots pour dire, pour décrire, ces mots me fuient, s’enfuient. Ils sont retors, ils s’affolent, ils s’envolent. Refusant de se plier au jeu du clavier, de se coucher sur le papier, il me faut les caresser, les cajoler pour qu’enfin, à force de verbeuses négociations, ils me laissent phraser ce petit récit sans réels soucis.

01 août 2005

Mon légionnaire

22:30, le compartiment s’était vidé en gare de Marseille. Désormais seule, il fallait attendre encore 10 minutes avant de repartir vers Lyon.

 

Il est entré juste avant que le train ne bouge. Moins de 30 ans, les cheveux à peine aussi long qu’une lune d'ongle, les yeux bleu assorti à la blondeur. Grand, 1m90 environ.
Un corps superbe, musclé mais sans ostentation, puissant. Un corps qu'on devine dur sous les caresses. Il  dégageait une forte tension, perceptible dans sa manière de s’asseoir, de déplacer ses mains. Une pression sourde, surprenante au vu de son habillement plutôt relax.

 

Femme ! Que fais-tu, à voyager seule à une heure si avancée ? Es-tu donc inconsciente ?…

 

Je songeais avec ironie à mon fidèle couteau suisse, compagnon de tous mes pique-niques. Il reposait au fond de mon sac. En cas d’attaque d’un tel félin, il ne me serait guère utile!
Avec un tant soit peu de recul, je me rends doublement compte du ridicule de cette pensée. Mes propres peurs me faisaient sourire. Même sans télé pour les nourrir, les miettes de l’insécurité s’immiscent dans mes moindres replis de la conscience. Elles préviennent sûrement bien des aventures. Déraisonnable, moi ? Pensez-vous donc ;-)

 

L’échange s'amorça rapidement. Un accent de l’est, prononcé, une voix grave, mais étonnamment douce. Les accents m'évoquent presque toujours la sensualité. Le sien était russe. Son français était ça et là tacheté de quelques fautes de grammaire, mais une excellente diction le rendait aisé à comprendre.

Il me demanda :
« Comment ça se passe pour les enfants ici ? »

Je ne comprenais pas bien le sens de sa question. Je lui demandais :
« Comment se passe quoi ? Pour quels enfants ? »

« Où vont les enfants quand les parents travaillent, quel est le mot ? »

Le pauvre, vu mon expérience en matière d’enfant, il était mal tombé…
Je lui parlais alors de crèche ou de nourrice… de l’école obligatoire. Je me souviens qu’il répéta le mot « crèche » plusieurs fois.

Il me demandait le prix du loyer, de la vie en général. Je l’entends encore me dire : 
« la France c’est bien, si on travaille, on est payé. »
« En Russie, on peut travailler six mois sans être payé.  Rien. »

 

Il était parti trois ans plus tôt, s’était engagé. Les combats, c'était pas son truc. Lui, il était mécanicien. Avant de la rencontrer tout allait bien, il avait sa solde et était logé, nourrit à la base.

 

Il me parla alors de cette femme si belle, si intelligente, Russe comme lui. Il l’avait rencontré lors d’une permission en Espagne. Elle y travaillait illégalement en tant que femme de chambre. Elle était maintenant de retour à Moscou, ils s'étaient mariés lors de sa dernière visite. Rencontré 6 mois plus tôt et marié quatre mois plus tard.

« Elle est si belle, si intelligente »
 me répétait-il d’une voix sourde.
« Elle a un enfant de 2 ans »
c’est pour ça qu’elle était reparti au pays, pour s’occuper de sa fille jusqu’ici élevée par sa mama.
« Une petite fille si jolie » 
ses yeux souriaient en disant ces mots. Il voulait qu’elles le rejoignent et habitent près de la base, mais sans papier comment faire ?

 

Il semblait tellement amoureux, parlait d’elle avec passion. Des paroles qui contredisaient, tentait de nier la douleur. Le tourment d’une absence, d’un manque qui se lisait pourtant dans tous ses gestes, qu’il trahissait par la raideur de ses mouvements.
Plusieurs fois, il répéta ces trois phrases :
« Avant, je ne m’inquiétais jamais, le temps passait vite »,
« Elle si belle, si intelligente »
« Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? 2 ans, c’est trop long »,

 

Une rencontre plus loin, une passion qui survient, adieu l'insouscience, bonjour le manque, l'absence. Ce mariage n’aurait pas du avoir lieu, n’était pas légal. Il n’avait pas le droit de se marier sans autorisation. A 24 ans, il avait signé pour 5 ans. Encore deux ans avant d'obtenir une carte de séjour.

Pendant 5 ans, sa vie, ses gestes, sa liberté appartiennent à la légion étrangère.
Lui, il lui reste ses sentiments torturés. Et s’il tient tout ce temps, peut-être, à terme, l’espoir d’une vie meilleure.

 

Depuis cette rencontre, ces mots me narguent encore plus souvent :

"Est-ce que les gens naissent égaux en droits à l'endroit où ils naissent" ?

28 juillet 2005

La boîte de Pandore

Ca commence par une discussion. L'échange est quelque peu déséquilibré, des phrases s’entrechoquent, des mots s’étourdissent, s’évitent et se languissent. La conversation s’envole un temps vers un sujet plus léger, mais trop tard.

 

Je sens mon cœur devenir à chaque mot, un peu plus gros, un peu plus pesant, embarrassant. Un peu comme un de ces énormes cartons de déménagement, trop grand, trop accueillant et finalement trop encombrant. Un de ceux où l’on a jeté un peu tout. En pagaille. Mais qu’à l’heure du départ, on ne parvient plus ni à fermer,  ni à porter tant il est mal équilibré, près à éclater.

 

Plutôt que se casser le dos en voulant le porter ainsi fait, mieux vaut tout sortir du carton. Examiner le contenu : jeter ce qui est devenu laid, garder ce qui est resté beau. Enfin réarranger le contenu du carton en quelques piles plus nettes, moins bancales et espérer qu'ainsi il sera plus léger.

 

Ce soir, pour ne pas rester sur des non-dit, j’ai dit à cet ami dont j’aimais autrefois tant la compagnie :

Tu me déçois
Ne me dis plus que tu tiens à notre amitié, tu ne te comporte pas comme un ami.
J'éprouve le besoin de te le dire.
Passe un bon été, bonne chance pour cette future maison et puis pour tout le reste.

 

Je l’ai dit directement, calmement, fière d'énoncer ces pensées sans maudire, sans reproche, sans fureur. L’adieu y était tu, porté peut-être par les regrets de ma voix comme la sienne.

 

Le carton est maintenant plus léger, libéré du poids d’une amitié devenue trop bancale. Pourtant, déformé par son contenu d’antan, il demeure pour un temps aussi pesant qu'avant.
Il reste fort heureusement d'autres amis constituant l'espoir de cette histoire.

22 juillet 2005

Sans temps de solitude

Cher lecteur,
cyprès sent,
si pressé,
car le temps
me manquant
tu m'attendras
3 jours au moins
ou quelque temps....

Promis après un weekend dans le Sud je devrais rentrer toute ressourcée et pleine d'idées...

12 juillet 2005

Coeur d'artichaut à la bretonne

Veillez à ne jamais envoyer de recette à l'être chair sous le coup de l'émotion. Pensez au contraire à réserver vos arguments. Sans mûre réflexion, un goût acariâtre remontrait assurément en bouche et ternirait l'éclat du coeur de légume.

  • Tapissez soigneusement un cahier de vos idées, saupoudrez généreusement du zeste d’un orage amer.
  • Après macération, écumer les pensées résolument aigres et jetez les ou aromatisez les de menthe citronnée.
  • Réservez les points positifs, débridez les, rafraîchissez les bons souvenirs sans toutefois utiliser trop d'eau salée.
  • Incorporez délicatement quelques regrets émondés, en soulevant sans remuer sous peine de ressasser.
  • Assaisonnez agréablement d'une pointe d'amertume, d'un bouquet d'épices et d'une note d'humour. 

Servez tiède, accompagné d'un Bushmills 15 ans d’age qui facilitera grandement l'élimination des mauvaises humeurs

 

La cuisine sans regrets (2005)
fragments 346, 347 et 348 dans l'édition Kouignaman.

10 juillet 2005

Cheveux d'ange

A la suite d'une brève mais incandescente querelle, je vous apprends avec douleur la perte d'un fidèle compagnon.

Depuis 15 ans, notre histoire fluctuait au rythme des saisons, au gré de ma toison. Nous nous éloignions, puis nous rapprochions. Plusieurs fois, je pensais à le remplacer pour un compagnon plus jeune, plus robuste. Toutefois ma fidélité naturelle m'en empêcha à chaque fois.  

Ce soir, sans aucune explication, il flamboya soudain. Je dus le lâcher pour ne pas y passer.

Vous conviendrez qu'on peut imaginer plus glorieux, qu'une mort par sèche-cheveux !

Folle de douleur, devant cette trahison, je lui coupais le cordon !
La prochaine fois, il réfléchira avant une telle rébellion !

04 juillet 2005

Ma liste des plaisirs

Avant de sauter dans le TGV qui sifflait la fin de mes vacances, j'eus juste le temps d'acheter Psychologies Magazine et Courrier International.
L'un se préoccupant du bien-être de ma petite personne et l'autre des quelques milliards d'êtres humains qui peuplent la planète avec moi...

Dans chaque magazine, un article m'a particulièrement marqué, sans doute parce qu'indépendamment de leur qualité propre, ils acquièrent une résonance particulière en étant lus de façon concomitante. 

  1. le 1er s'intitule Nos tout petits malheurs, vus de Beyrouth de Robert Fisk. Ce journaliste est sans doute un des meilleurs spécialistes du Proche-Orient. Il vit à Beyrouth depuis plus de vingt ans et a reçu sept fois le prix du meilleur correspondant étranger. Il travaille actuellement pour The Independent. Tout est dit dans le titre de l'article que je vous invite à lire. Disponible en anglais ici. En "très gros", nos luttes partisanes et nos interrogations semblent bien vaines à certains hommes et femmes qui doivent lutter de façon quotidienne pour assurer ni plus ni moins que leur survie, nous essayons de nous rassurer en nous disant que les choses s'apaisent là-bas mais il n'en est rien.
  2. Le 2eme article s'intitule Ma liste des plaisirs, six personnalités (dont la plupart m'étaient d'ailleurs inconnues...) nous offrent cinq moments qui ont le goût du bonheur simple.

Selon le psychiatre Christophe André, l'exercice a de multiples avantages puisqu'il permet : 

  • de faire revivre des moments agréables, ce qui renforce notre aptitude à goûter le positif
  • de faire grandir notre conscience des petites choses, ce qui entraîne au bonheur
  • de prendre conscience de l'importance de l'activité mentionnée puisqu'elle fait partie intégrante de notre personne
  • de prendre conscience qu'il est essentiel d'y consacrer du temps

OK, ça ressemble à des techniques de visualisation...

Bien que faisant partie des gens privilégiés sur cette planète, et en étant bien consciente, il m'arrive de me sentir désemparée et déprimée. Dans ces moments, une partie de moi-même a toujours envie de me botter le derrière. Mais, outre que le fait que l'exercice est difficilement réalisable (à moins d'être contorsionniste) il ne change pas grand chose à ce que j'éprouve dans ces périodes là !!!

Tout ça pour vous dire que je me suis livrée à l'exercice et voilà mes plaisirs :

  • Petit-déjeuner tranquillement sur la terrasse avec une théière pleine, des tartines de beurre salé et un bouquin
  • Ecouter les oiseaux chanter en pédalant sur les quais
  • Prendre quelqu'un dans mes bras
  • M'asseoir au bord d'un lac de haute montagne et laisser sa sérénité m'envelopper
  • Mettre des fleurs fraîches dans un vase
  • Sourire à ma boulangère préférée
  • Faire des bisous
  • Manger une glace
  • Echanger avec les gens que j'aime
  • Pique-niquer avec des amis avant une séance de ciné en plein air
  • Ecouter les variations Goldberg et laisser les notes m'apaiser
  • Passer la matinée au lit avec un bon livre
  • ou un bon amant... mais là, est-ce bien un bonheur simple ?

Armée de ces quelques lignes (je sais j'ai largement dépassé le quota) je m'en vais donc me botter le cerveau, la prochaine fois qu'une déprime passagère pointe son nez. Cela ne changera rien à la condition des gens vivant dans des situations déplorables mais au moins j'aurais pleinement conscience de ma chance.

Et vous savez quoi ? Un jour de reprise du boulot après 15 jours de vacances, ça fait un bien fou de faire cet exercice.

Faites-en une note si vous en avez l'envie, mais surtout, là maintenant, sur la nappe en papier, le cahier à spiral, le bloc-note du bureau, l'enveloppe de la dernière facture, le dos de votre main : notez.
Ecrivez tous ces petits moments de bonheur simple qui, jour après jour, jalonnent les heures qui passent et constituent rien de moins que notre vie.

30 juin 2005

Toscane 2

Des vacances en Toscane, je garderai les souvenirs suivants :

Le parfum des tilleuls et du chevrefeuille,
Le bruit du vent dans les oliviers argentés,
La lumière du couchant dans le Chianti,
Le scintillement des lucioles une nuit en lune,
La beauté de Sienne et des villages perchés,
Le chant des oiseaux le matin au réveil,
L'envie de partager cet endroit avec Lui,
La chaleur du soleil sur ma peau.

Enfin indépendament de l'Italie, mais parce qu'il s'y est révélé une fois de plus : le formidable talent d'organisatrice et de négociatrice de ma soeurette grâce à laquelle nous avons passé ces belles vacances dans un gîte magnifique.